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  • Jean-Philippe

La voie du Prophète Mohammed (PBSL) : écouter les souffrances de la nature et l'apaiser.

Dernière mise à jour : 26 janv.



Voici quelques récits tirés de la vie du Prophète Mohammed * :

(* : pour " que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui" )


Dans la mosquée, le Prophète* prêchait debout sur une souche de palmier. Puis on fabriqua le minbar. Un jour que le Prophète s'y tenait, les personnes présentes ont entendu le tronc du palmier gémir, émettant un bruit semblable à celui d'une chamelle qui met bas. Cela a duré jusqu'à ce que le Prophète vienne et pose sa main sur le tronc, disant : "Ne serais-tu pas satisfait d'être enterré ici et d'être en ma compagnie au Paradis ?". [1]




Un autre récit rapporte que :

Le Prophète entra dans le jardin d'un médinois où il y avait un chameau.

Lorsque l’animal vit le Prophète*, il s'attrista et pleura. Le Prophète descendit alors de sa monture, essuya les larmes du chameau et le calma.

Puis il demanda : « qui est le propriétaire de ce chameau ? ».

Un jeune médinois s’approcha et répondit : « C’est moi ! ».

Alors le Prophète lui dit : « ne craindrais-tu pas Allah dans ces animaux qu'il a mis en ta possession ? Ce chameau s’est plaint à moi que tu l'affames et lui fais porter des charges trop lourdes ». [2]


On rapporte également que lors d’un voyage, le Prophète* s’absenta un moment. Une des témoins rapporte ce récit :

Nous avons vu un rouge gorge et ses deux petits. Nous avons pris les petits et le rouge gorge s’est mis à voler très près au-dessus de nous ».

Le Prophète* est intervenu, en ces termes :

« Qui a accablé cet oiseau en prenant ses petits ? Rendez-les-lui. ».[3]


Ces trois récits ont plusieurs points communs puisqu'à chaque fois, ils commencent par une plainte : les pleurs du chameau ou de la souche de palmier, ou l'attitude inquiète de l'oiseau. Le Prophète entend cette plainte et la comprend. Il est à l'écoute de la nature et attentif à ce qu'elle ressent.


Puis à chaque fois, il y a une réaction pour réparer ou aider ; Pour le chameau, il sermonne le propriétaire afin qu'il apporte plus de soins à cet animal. Pour l'oiseau, il demande aux personnes présentes de réparer leur erreur. Pour le palmier, même s'il ne peut pas revenir à la situation de départ, il va tout de même l'apaiser avec des paroles réconfortantes. Donc quelque soit la situation, le Prophète réagit à cette nature qui souffre.


Ces exemples sont aussi instructifs par la diversité des éléments naturels qui y sont représentés : Il y a le chameau qui représente l'animal domestiqué, l'oiseau qui symbolise l'animal sauvage et enfin le végétal.


En effet, nous sommes nombreux à avoir une attitude bienveillante vis à vis de la nature lorsqu'il s'agit de nos animaux de compagnie. Or le Prophète nous montre dans ces textes que cette bienveillance doit être présente pour tout être vivant, domestique ou sauvage, animal ou végétal.


Dans le cas de l'animal domestique, nous les avons rendus dépendants de nous et ils n’ont plus la capacité de retourner dans la nature sauvage. Nous avons donc la responsabilité de combler leur besoin. Et il ne faut pas le faire uniquement lorsque ces animaux nous sont utiles. On rapporte que le Prophète Mohammed (PBSL) avait une mule qui était tellement âgée qu’elle avait des difficultés à broyer le grain avec ses dents. Le prophète prenait alors soin de moudre son grain et l’aider à le manger.


Dans l'exemple de l'animal sauvage représenté ici par le rouge-gorge, le Prophète (PBSL) a réagi pour rétablir la situation. Il nous montre à travers cette réaction que nous ne devons pas perturber les animaux sauvages. Ceci implique d'être très vigilant lorsque nous modifions l'environnement pour répondre à nos besoins. Nous devons dans ces situations avoir le souci cette faune et cette flore qui étaient là avant nous. Et il en est de même pour les végétaux. C’est pour cela que le Prophète a encouragé les croyants à supprimer toute forme de pollution.

Celui qui retire du chemin ce qui peut nuire aux passants, c’est pour lui une aumône" [4]

Par ailleurs, une autre dimension de cette bienveillance peut être souligné. Le rouge-gorge, ou encore la souche d'un palmier ne sont pas des êtres "exceptionnels" ou remarquable comme pourrait l'être les éléphants d'Afrique, ou encore un chêne millénaire. Là encore, avec notre regard d'Humain, nous avons tendance à vouloir protéger ce qui sort de l'ordinaire parce que cela nous émerveille ou que nous le trouvons somptueux.

Mais le Prophète nous rappelle ici que chaque être vivant à droit à cette bienveillance. Le Rouge-gorge comme l'éléphant d'Afrique, la souche de palmier comme le chêne centenaire sont des créatures de Dieu et de ce fait mérite notre bienveillance.


Jusqu'à maintenant, nous n'avons cité que des êtres que l'on qualifie de "vivant". Peut-on trouver dans la vie du Prophète Mohammed (PBSL) des attitudes similaires vis à vis du monde inanimé ?


Il est rapporté que :

Un jour, le Prophète grimpa sur le mont Uhud avec Abou Bakr, ‘Omar et Uthman. Le mont trembla. Le Prophète dit alors : « Calme-toi, Uhud ! Il n’y a sur toi qu’un prophète, un fidèle compagnon et deux martyrs »[5]

En parlant des deux martyrs, le Prophète faisait référence à 'Omar et Uthman qui seront par la suite tous les deux assassinés.


Vous remarquez dans ce récit que l'on suit la même logique que les précédents : La nature montre des signes. Le Prophète comprend ces signes et agit. Ici, comme avec la souche de palmier, il réconforte la montagne avec des paroles rassurantes.


Ce dernier texte vient conforter ce que nous disions précédemment. Le Prophète n'était pas bienveillant vis à vis de tel ou tel élément naturel. Sa miséricorde s'étendait à toutes les créatures, animales, végétales ou minérales.

[1] Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°3585 [2] Rapporté par Ahmed et authentifié par Cheikh Ahmed Chakir dans le Mousnad de l'imam Ahmed vol 3 p 195 [3] Abou Daoud dans ses Sounan n°2675 et authentifié par Cheikh Albani [4] Muslim

[5] Rapporté par Al Boukhari




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